- Je n'oses même pas assumer son regard qui se tourne vers moi, amour passionné puis désinvolte, détaché, plaisant, badin. Je supplie et je m'efforce de soutenir ce regard: la moindre tentative devient un échec en moi. J'ai peur de le perdre, peur qu'il s'en aille, il me manque déjà. Hier ma lucidité a perdu de son sens, mon corps ne répondait plus lorsqu'il m'a pris la main. Je m'endoctrine de tristesse. Je perds le goût de tout. Je me bute. Lui est impossible à acquérir à mes yeux. Dans mes bras, il a pleuré, je m'en veux de ne pas l'avoir vu. Sa main dans la mienne, pendant quelques minutes, j'ai eu l'envie de lui chuchotter "Je t'aime" : pourquoi ? Nos destins n'arrêtent pas de se croiser et de s'entrelacer sans cesse mais ils finissent toujours par briser le fil fragile sur lequel je suis en équilibre. Il me fait malgré lui du mal, sans qu'il le sache, je m'en rends compte. Tout semble clair dans ma tête mais dès qu'il se passe quelque chose, un simple contact avec lui, tout se mélange et s'embrouille. Je ne comprends plus rien, je ne me comprends plus. Hier était pire que toutes les autres fois, il m'a fait rendre amoureuse et malade d'amour, les paroles fortes qu'il m'a dit ont brisé ma conscience et m'ont fait pleurer: de joie ou de tristesse ? Je n'arrive plus à me répondre. Je tremblais d'attente dès qu'il m'envoiait un message, de peur de lire ce qu'il m'avait écrit et de peur de ne pas savoir quoi répondre. Il m'a rendu aveugle de tout et de rien.